Le nouveau Graffiti Art est arrivé GA40_500

Le livre qu’il faut avoir lu pour ce début d’automne s’intitule Les Somnambules de Christopher Clark (Poche-Flammarion). L’auteur y détaille comment l’Europe des années 10 s’est trouvée entraînée dans la Première Guerre mondiale à la suite de subtils glissements politiques pourtant tout à fait évitables. Alors que le Brexit s’enlise et que l’extrême droite est au pouvoir en Italie et dans un nombre grandissant de pays de l’Union, il faut s’interroger avec cette nouvelle édition de Graffiti Art : assistons-nous à l’émergence d’un art d’avant-guerre ?

L’artiste, italien justement, Biancoshock nous raconte la réalité urbaine à coups de gags visuels parce que l’humour est devenu une sorte de langue vernaculaire des réseaux sociaux. Mais que disent réellement ses images ? La déréliction et l’absurdité y écrivent une sorte de manuel de survie face à un environnement de plus en plus hostile. En Allemagne, dans une veine différente, Moses & Taps expriment une sorte d’acharnement à rester libres, avec l’idée que cette liberté ne vaut pas grand-chose si elle ne coûte pas. Du côté des États-Unis, Kevin Peterson, avec ses toiles hyper réalistes, nous parle déjà de l’après-guerre : ses enfants entraînent les animaux à la recherche des adultes qui ont causé le désastre pour leur faire rendre gorge. Paint it black ? Peut-être pas, mais soyons vigilants.