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Cette fois, nous avons décidé de vous offrir une notice introductive sur la curation de ce nouveau Graffiti Art. Vous allez y découvrir un art urbain en pleine recomposition. Le moteur de cette recomposition est l’explosion des media utilisés par nos artistes. Certes, notre quête démarre à New York, au point zéro de la déflagration, avec les pochoirs politiques de John Fekner au début des années 80. Mais de là, la généalogie se brouille dans une descendance foisonnante. Niels Shoe Meulman reste sur la toile mais organise la fusion entre le lettrage et de l’expressionnisme abstrait. Autre crossover hardi chez Picho Avo entre le flop et le maniérisme « Renaissance ». Et puis, plus loin, on abandonne la toile pour des compositions sur d’incertains supports. Bordalo II, en show exceptionnel à Paris, produit un bestiaire en volume à partir d’accumulation de rebus. Ce désir d’enfance est partagé par Sean Chao et UfoCinque. Pour Chao, le mode d’expression sont des suites de diorama miniature évoquant l’animation tchèque des années 50. Pour UfoCinque, l’environnement urbain se transforme grâce à des monuments en papier découpé. Mark Jenkins et Tilt complètent ce cabinet des curiosités. Le premier joue avec l’angoisse urbaine à travers ses mannequins, vecteurs de performances immobiles. Le second se réinvente avec une décomposition du graffiti sur la matière brute de nos cités, le Placoplatre. Un dossier sur les filles du Street Art vient équilibrer ce numéro passionnant à produire et, nous l’espérons, passionnant à lire.