Couverture GA 45

La saison des batailles finales nous entraîne vers l’été de tous les dangers. Sur grand écran, les « Avengers » ont réussi à se débarrasser de Thanos, le champion du malthusianisme qui voulait éliminer la moitié de l’humanité pour que l’autre survive. Sur le petit écran, la conclusion de « Game of Thrones » laisse un goût de cendre, un peu comme ces incendies géants, désormais communs dans notre atmosphère saturée de gaz carbonique. Dans la réalité, pour autant que ce concept ait encore un sens, la mère de toutes les batailles se prépare aux Etats-Unis où l’élection de 2020 peut signer la fin d’une démocratie. Quelle sera la position, le comportement des artistes face à la déliquescence, à la corruption qui s’installent à la Maison Blanche, au Congrès, dans les couloirs feutrés de la Cour Suprême ? Shepard Fairey mettra-t-il à nouveau son talent d’inventeur d’icône au service du candidat de la liberté et du progrès ? Encore faudra t il qu’un candidat iconique s’impose dans le camp du bien. L’art urbain est une fête comme le démontre dans notre dossier sur les festivals de l’été. Mais derrière l’ironie, la distance, la dérision, il est peut être temps de trouver les ressorts d’une mobilisation politique qui ne pourra au final que s’exprimer dans les urnes dans dix-huit mois sur le territoire américain. Il ne s’agit plus de critiquer la société de consommation, il ne s’agit plus d’explorer les limites du Pop, il ne s’agit plus d’entretenir la flamme du vandalisme, il s’agit de produire des images sidérantes qui puisse convaincre le peuple que le seul patron qui vaille n’est ni un milliardaire, ni un homme providentiel mais le peuple lui-même.