Graffiti Art #37

La saisissante pièce de D*Face qui figure en couverture de ce numéro et sera prochainement présentée à la foire Urvanity Art à Madrid, résume bien notre état d’esprit en ce début 2018. De quoi s’agit-il ? De s’alarmer des désordres du monde tout en conservant une certaine dose d’ironie cinglante. Une sorte d’esthétique du désespoir combatif. Alors pour cette nouvelle édition, nous repartons dans la rue. Back to the streets, avec Bahia Shehab, actrice et témoin de la révolution égyptienne à travers ses pochoirs militants. Back to the streets, avec Ian Strange et ses constructions naufragées, prélude, osons-nous l’espérer, au réveil de la conscience politique des banlieues américaines. Back to the streets, avec Cranio et ses « bons sauvages » qui se poilent en pagayant dans la colonisation consumériste de l’Amérique du Sud. Back to the streets encore, avec Kashink et son jeu de genres. Le dossier est consacré à la confrontation entre l’humanité et l’animalité à travers les travaux de grands producteurs d’œuvres muralles tels que Jaz, Li-Hill ou Kraken. Et puis, en forme de paradoxe, une interview de Felipe Pantone qui nous propose un futur de vitesse et d’électricité en triturant des images inspirées d’antiques tubes cathodiques. La nostalgie ? Oui, aussi. Quand Maxime Drouet nous emmène dans ses trains joliment « vandalisés » ou quand nous découvrons JonOne proprement « muséifié ». Excellence enfin avec Logan Hicks qui revient avec son art du pochoir poussé aux extrémités du media. Excellence toujours, dans l’intimité de l’atelier de Manolo Mesa qui réinvente le néoclassicisme espagnol. Alarme, ironie et excellence. Bonne année à tous.