Couverture GA 43

La mémoire est le thème central de ce nouveau numéro. L’image de couverture qui sera présentée par Bom-K et la galerie Joël Knafo dans le cadre de l’Urban Art Fair nous raconte que même les souvenirs les mieux ancrés dans la culture mondiale finissent par s’étioler et subir le ravage du temps. Depuis son atelier, John Wetz nous parle aussi d’incommunicabilité avec ses personnages condamnés au silence. Madame pour sa part s’exprime à travers des maximes typographiques réinventées. Mais ces pièces retro futuristes évoquent Jules Verne et Gustave Eiffel. A quel exercice nous invite Brad Downey ? Une relecture des signes communs des déambulations urbaines marquée par l’humour et la dérision. Le travail de Sebas Velasco explore le rapport entre le flou et le net : plus l’on s’éloigne, plus l’image devient nette, plus on s’approche, plus elle part vers le flou. Comme si le temps chassait les détails et contraignait les souvenirs à prendre un sens unique. Never 2501, invité spécial du numéro, confronte l’esthétique technologique dépouillée au quotidien urbain le plus banal. Il nous rappelle que désormais tous nos déplacements, l’ensemble de nos activités forment un nuage de données qui constitue notre souvenir dans la mémoire des machines. Le traitement à facette 3D de l’activité humaine est aussi la base des volumes de David Mesguich. Et les superpositions de Sismikazot fonctionnent comme si une intelligence artificielle cherchaient à reconnaître le rapport entre deux images saisies sur un mur et dans une situation quotidienne. Mémoire, réseau, technologie. Les artistes scrutent les machines qui nous regardent. Il est temps que revienne le printemps.